Qui est le créateur du hoverboard ?

Article mis à jour le 12 octobre 2026

Le hoverboard à roues est l'invention de Shane Chen, inventeur sino-américain de la société Inventist, d'abord vendu sous le nom Hovertrax puis commercialisé en 2013. Le mot « hoverboard » recouvre pourtant quatre objets (le gyropode à roues, la planche du film, les planches à lévitation et celles à hélices), donc aucun créateur unique au sens large. Le Hovertrax prolonge le Solowheel, dont le brevet provisoire date de mars 2010. Suivent la chronologie, la controverse, le film et les vrais engins volants.

Chronologie de l'invention, de l'idée à la commercialisation

L'invention du hoverboard à roues s'étale sur trois ans, du brevet provisoire d'une monoroue en 2010 à la commercialisation de 2013. Chaque étape porte sa propre date, ce qui explique les années différentes que l'on rencontre au fil des textes.

Du Solowheel au Hovertrax, 2010 à 2012

En mars 2010, Shane Chen dépose le brevet provisoire du Solowheel, une monoroue auto-équilibrée. L'année 2011 est celle de l'invention du Hovertrax, qui reprend le principe d'auto-équilibrage mais sépare la pose des pieds sur deux plateformes. En février 2012, la demande de brevet provisoire est déposée.

Shane Chen, né le 10 février 1956 à Pékin, vit à Camas, dans l'État de Washington. Il dirige Inventist, société fondée en 2003 et forte d'environ 7 personnes en 2018. Sa fille Ywanne Chen est citée comme co-inventrice.

Le Kickstarter de mai 2013

Le brevet est déposé en février 2013, puis la campagne Kickstarter s'ouvre en mai 2013 et marque le début de la commercialisation. Le titre protégé est le brevet américain 8 738 278, qui décrit un véhicule à deux roues auto-équilibré, à sections de pose des pieds mobiles indépendamment.

Pourquoi les dates changent d'un texte à l'autre

L'écart entre 2012 et 2013 tient à l'étape retenue. 2012 correspond au dépôt provisoire, 2013 au dépôt définitif ; les deux années sont exactes, chacune pour son étape. L'idée, elle, remonte à 2011, et la vente au public à 2013.

Pour écrire une date sans risque d'erreur, nous retenons la formule la plus prudente : idée en 2011, demande de brevet en 2012-2013, Kickstarter en mai 2013, commercialisation en 2013.

Copies chinoises, brevets et controverse sur l'inventeur

Le succès du Hovertrax a déclenché une vague d'imitations, puis une bataille de brevets dont l'inventeur est ressorti sans fortune. Quatre points résument cette affaire.

L'explosion des copies à partir de 2014

La première copie, le Smart S1 de Chic Robotics, est présentée en août 2014, et la production de masse démarre en Chine autour de Shenzhen. Fin 2015, on dénombre plus de 600 copieurs, et 4,5 millions d'unités chinoises ont été importées aux États-Unis cette année-là.

La question Chic Robotics

Chic Robotics, société de Hangzhou fondée en 2013, a présenté le Smart S1 en août 2014, puis à la Canton Fair 2014. La chronologie, avec un Kickstarter en mai 2013, soutient plutôt l'antériorité du produit de Shane Chen. Une formule résume le climat de l'époque : « en Chine, la récompense d'être le premier, c'est d'être le premier à être copié ». La question de la priorité reste débattue.

Brevet et décision de l'ITC en 2017

L'enquête ITC 337-TA-1000 est ouverte le 26 mai 2016, sur plainte d'Inventist et d'un fabricant de trottinettes. La décision finale, rendue le 28 juillet 2017, conclut à l'absence de violation, car les revendications restantes n'étaient pas contrefaites.

L'explication d'une faute de frappe dans le brevet relève de la lecture de la famille Chen, non confirmée de façon indépendante. La validité du brevet 8 738 278 est elle-même remise en cause, des antériorités ayant été avancées. Shane Chen n'est donc pas l'inventeur au sens juridique incontesté.

Un inventeur qui n'a pas fait fortune

Shane Chen déclare que les inventeurs sont généralement pauvres et que d'autres gagnent l'argent ; la presse de 2016 titre qu'il n'a rien gagné du hoverboard. En août 2015, Mark Cuban signe une lettre d'intention pour les brevets, avant de se retirer le 13 novembre 2015.

Il faut donc distinguer l'inventeur, celui qui a conçu l'engin, du premier à l'avoir commercialisé à grande échelle, rôle que les copieurs chinois ont largement occupé.

Le hoverboard de Retour vers le futur, une planche de fiction

La planche de cinéma n'a aucun lien technique avec l'engin à roues de Shane Chen ; elle ne lui a prêté que son nom. Trois éléments éclairent cette parenté de façade.

D'où vient le mot hoverboard

Le mot apparaît dès 1967 dans le roman A Hole in the Zero de M. K. Joseph, puis en 1984 dans le jeu d'arcade SWAT. Il précède donc de plusieurs décennies tout objet réel portant ce nom.

Une planche tenue par des câbles

La planche popularisée par Retour vers le futur II (1989) est celle, fictive et signée Mattel, de Marty McFly ; elle est reprise dans la partie III (1990). L'effet était obtenu par des câbles, des poutres et des accessoires de plateau, jamais par une quelconque lévitation.

Le mythe d'un hoverboard bloqué par les parents

Une rumeur des années 1990 prétendait que des hoverboards existaient mais étaient bloqués par des associations de parents ; c'est un mythe démenti. En mars 2014, la vidéo HUVr de Funny or Die, avec Christopher Lloyd et Tony Hawk, a été présentée comme réelle par certains médias alors qu'il s'agissait d'un canular.

Après 2014, le gyropode à roues a hérité du nom par un effet de marketing : l'imaginaire du film vendait mieux qu'une description technique.

Existe-t-il un vrai hoverboard qui vole ?

Des engins capables de léviter ou de voler existent bel et bien, mais aucun n'a la simplicité d'un gyropode à roues. Le tableau les compare avant le détail de chaque famille.

EnginPrincipeChiffres clésLimite pratique
Magsurf (Université Paris-Diderot, octobre 2011)Supraconducteur3 cm de hauteur, jusqu'à 100 kgRail magnétique obligatoire
Hendo (Arx Pax, octobre 2014)Roues électrodynamiques140 kg à 2,5 cmSurface métallique non ferromagnétique requise
Lexus Slide (juin 2015)Supraconducteurs refroidis à l'azoten.c.Surfaces spéciales
Duru (août 2014)Hélices275,9 m à 5 m de hautRecord sur une distance très courte
ArcaBoard36 ventilateurs110 kg, environ 6 minutes de vol, 30 cm maximumRecharge de 6 h
Zapata (août 2019)Hélices35 km en environ 20 minutesRavitaillement nécessaire

Les planches à lévitation magnétique

Le Magsurf est un supraconducteur qui flotte à 3 cm de hauteur et porte jusqu'à 100 kg, mais seulement au-dessus d'un rail magnétique. Le Hendo d'Arx Pax, présenté en octobre 2014, soulève 140 kg à 2,5 cm grâce à des roues électrodynamiques, à condition de rouler sur une surface métallique non ferromagnétique. Le Lexus Slide, dévoilé en juin 2015, exige des supraconducteurs refroidis à l'azote et des surfaces spéciales.

Les planches à hélices et les records de vol

Le record Guinness de 275,9 m à 5 m de haut, réalisé par Duru en août 2014 et homologué le 22 mai 2015, ne dit rien d'un usage courant. L'ArcaBoard aligne 36 ventilateurs, porte jusqu'à 110 kg et vole environ 6 minutes à 30 cm de hauteur maximale, pour 6 h de recharge. Franky Zapata a traversé la Manche en août 2019, soit 35 km en environ 20 minutes avec ravitaillement.

La limite commune est nette : surface spéciale ou autonomie très courte. Aucun de ces engins n'est un produit grand public, et le hoverboard à roues reste le seul accessible.

Pour un exposé ou une question de culture générale, la réponse la plus solide tient en une phrase : le hoverboard à roues est l'invention de Shane Chen, de la société Inventist, présenté au public en 2013. Ajouter le nom Hovertrax et l'année suffit à écarter la plupart des confusions.

La formulation doit ensuite suivre la question posée. Pour parler du mot, il faut remonter à 1967 : la fiction a précédé la technique de près d'un demi-siècle. Pour parler du brevet, il faut nuancer, car sa validité est remise en cause et l'ITC n'a retenu aucune violation en 2017. Pour parler de vol, il faut changer d'objet, puisque les engins qui lévitent ou volent réellement relèvent d'autres principes et d'autres équipes.

Une réserve reste utile. Dès qu'un texte désigne « le créateur du hoverboard », il doit préciser de quel objet il s'agit, car le même mot sert pour un gyropode à roues, une planche de cinéma, une lévitation magnétique et un engin à hélices. C'est cette précision, bien plus qu'un nom propre, qui rend une réponse exacte.

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus souvent autour du hoverboard portent sur son inventeur, sa date de création, les incendies et la différence avec le gyropode.

Quelle différence entre hoverboard, gyropode et Segway ?

Le Segway est l'invention de Dean Kamen (1999), rachetée par Ninebot en avril 2015. Le hoverboard à roues, à deux plateformes sans guidon, descend du Solowheel de Shane Chen. « Gyropode » nomme le principe d'auto-équilibrage commun.

Pourquoi les hoverboards ont-ils pris feu ?

Les incendies sont attribués à des batteries lithium-ion de qualité insuffisante, soit 60 cas dans plus de 20 États, puis un rappel de plus de 500 000 unités en juillet 2016. La norme UL 2272 sert de repère de sécurité électrique.

Shane Chen est-il devenu riche grâce au hoverboard ?

Non. Shane Chen déclare que les inventeurs sont généralement pauvres et que d'autres gagnent l'argent ; les copies massives et la perte de l'enquête ITC de 2017 ont limité ses gains.

Quand le hoverboard a-t-il été inventé ?

Retenez la formule prudente : idée en 2011, demande de brevet en 2012-2013, Kickstarter en mai 2013, commercialisation en 2013.

Le hoverboard a-t-il été inventé en France ?

Non pour le hoverboard à roues, créé par Shane Chen. La France a donné le Magsurf de l'Université Paris-Diderot (2011, supraconducteur) et la traversée de la Manche de Franky Zapata (2019), des engins de lévitation ou de vol.