Que dit la loi sur le hoverboard en France ?

Article mis à jour le 12 octobre 2026

Le hoverboard est légal en France : la loi le classe parmi les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), dont la vitesse par construction se situe entre 6 et 25 km/h. Trois points décident de tout : l'âge minimum de 14 ans, l'interdiction du trottoir et l'assurance responsabilité civile obligatoire. Ces repères s'adressent d'abord aux parents qui hésitent à offrir un engin et aux adultes qui veulent rouler en règle. Les règles évoluent, notamment pour le casque en 2026 : vérifiez la date de mise à jour.

Le hoverboard n'a rien d'un objet hors-la-loi : le Code de la route le range dans une catégorie précise, celle des engins de déplacement personnel motorisés, et lui applique des règles écrites.

Un EDPM au sens du Code de la route

La catégorie a été créée par le décret n° 2019-1082 d'octobre 2019, puis précisée par le décret n° 2023-848 du 31 août 2023, entré en vigueur le 1er septembre 2023. Un EDPM est un engin sans place assise, conçu pour une seule personne, propulsé par un moteur non thermique, dont la vitesse par construction dépasse 6 km/h sans excéder 25 km/h.

Les anciens textes et de nombreux articles parlent encore de NVEI, de VLEP ou de VLEU. Ces sigles désignent les mêmes engins avant l'unification du vocabulaire ; le terme en vigueur est EDPM. Les repères à retenir dans le Code de la route sont les articles R412-43-1 à R412-43-3 pour la circulation, et R313-1 à R313-35 pour l'éclairage et la signalisation.

Ce qui ne change pas selon le modèle

Aucun permis : n'est requis, ni le permis B ni le BSR. Quel que soit l'aspect de l'engin, le statut est le même dès lors qu'il répond aux critères de la définition : l'âge minimum, l'assurance et les règles de circulation s'appliquent de la même manière à tous les modèles.

Une distinction mérite d'être retenue : un engin non motorisé, que l'on pousse ou que l'on tient à la main, relève du statut de piéton. Seul le hoverboard motorisé, utilisé en roulant, entre dans la catégorie EDPM et dans l'ensemble de ses obligations.

À partir de quel âge peut-on rouler en hoverboard ?

La réponse tient en un chiffre : 14 ans depuis le 1er septembre 2023, contre 12 ans auparavant. Ce relèvement résulte du décret du 31 août 2023.

14 ans depuis septembre 2023

Le seuil de 14 ans s'applique à tout conducteur d'EDPM sur la voie publique, hoverboard compris. Avant le 1er septembre 2023, il était fixé à 12 ans, ce qui explique que le relèvement ait surpris de nombreuses familles ayant déjà offert un engin à un préadolescent.

Une erreur fréquente persiste en ligne : certaines pages affichent toujours 12 ans, valeur antérieure à la réforme. Pour un parent, la bonne vérification consiste à contrôler la date de publication de la page consultée et à retenir le seuil de 14 ans, seul applicable aujourd'hui.

Que risque un enfant de moins de 14 ans sur la voie publique

Un utilisateur sous l'âge minimum s'expose à une contravention de 4e classe. Elle n'est pas adressée à l'enfant : elle est réglée par les parents ou par l'adulte responsable, ce qui place la responsabilité du côté de la famille.

Au-delà de l'amende, l'enfant se trouve en infraction sur la chaussée, la piste cyclable ou le trottoir, c'est-à-dire sur toute voie ouverte à la circulation. Offrir un hoverboard pour aller à l'école ou rejoindre des amis avant 14 ans crée donc une situation irrégulière dès la première sortie. La question se pose avant l'achat, pas après.

Que peut faire un enfant en propriété privée

Les règles de circulation visent la voie publique. Un enfant de moins de 14 ans n'est donc pas concerné par l'interdiction sur un terrain privé, comme un jardin ou une cour, et peut y rouler sans encourir la contravention.

La prudence reste de mise sur un point : la couverture d'assurance. Avant de laisser un enfant rouler, il faut obtenir de l'assureur une confirmation écrite que l'engin est bien garanti pour cet usage. Notre conseil aux parents : offrir un hoverboard à un enfant de moins de 14 ans suppose de limiter son usage au terrain privé.

Où peut-on rouler en hoverboard ?

Le hoverboard n'a pas accès à toutes les voies : selon le lieu, il est autorisé, limité à une vitesse réduite ou interdit.

LieuRègle applicable
AgglomérationPistes et bandes cyclables, à défaut chaussée limitée à 50 km/h au maximum
TrottoirInterdit (contravention de 4e classe), sauf autorisation du maire, à 6 km/h sans gêner les piétons
Aire piétonneAutorisée à 6 km/h maximum sans gêner les piétons
Hors agglomérationRoute interdite sauf arrêté du maire ou du préfet pour une route limitée à 80 km/h au plus ; pistes cyclables et voies vertes autorisées
Voies express et autoroutesInterdites
Voie privéeAutorisée

En agglomération

En ville, la priorité va aux pistes et bandes cyclables. À défaut, le hoverboard roule sur la chaussée, là où la vitesse est limitée à 50 km/h au maximum. Les axes plus rapides ne lui sont pas ouverts.

Rouler sur la chaussée alors qu'une piste cyclable existe constitue une contravention de 4e classe. Il faut donc repérer la piste avant de s'engager sur la voie : l'itinéraire le plus court n'est pas toujours le plus régulier.

Sur le trottoir et en zone piétonne

Le trottoir est interdit au hoverboard, et le fait d'y rouler est sanctionné d'une contravention de 4e classe. Une exception existe : le maire peut l'autoriser, auquel cas la vitesse est plafonnée à 6 km/h, sans gêner les piétons.

L'aire piétonne obéit au même plafond de 6 km/h, toujours sans gêner les piétons. Une vitesse faible ne rend donc pas le trottoir toléré : sans autorisation du maire, l'interdiction s'applique quelle que soit l'allure. Tenir l'engin à la main revient à circuler comme un piéton.

Hors agglomération

Hors agglomération, la route est interdite, sauf arrêté du maire ou du préfet pour une route limitée à 80 km/h au plus. Les pistes cyclables et les voies vertes, elles, restent autorisées, ce qui ouvre des itinéraires de loisir en campagne.

Les voies express et les autoroutes sont interdites sans exception. La voie privée, enfin, est autorisée. Hors agglomération, le casque est de surcroît obligatoire, et un vêtement rétroréfléchissant s'impose à toute heure.

Vitesse et équipements obligatoires

Un hoverboard conforme respecte un plafond de vitesse et une liste d'équipements précis, côté engin comme côté conducteur.

25 km/h, un plafond par construction

La vitesse maximale est de 25 km/h par construction, et l'engin doit atteindre au moins 6 km/h par construction pour entrer dans la catégorie EDPM. Il s'agit d'une caractéristique de fabrication, pas d'une limite que le conducteur règle à sa guise.

Débrider le moteur fait sortir l'engin de la catégorie. La sanction est de niveau délictuel, parmi les plus lourdes du tableau, avec immobilisation ou saisie possible. Une modification qui semble anodine transforme donc un engin légal en machine non autorisée sur la voie publique.

Ce que doit porter l'engin

Plusieurs équipements sont exigés sur l'engin lui-même, et il vaut mieux les vérifier avant l'achat.

  • Freinage : un dispositif efficace
  • Avertisseur : un signal sonore
  • Feux : position avant et arrière
  • Catadioptres : arrière et latéraux

Les catadioptres latéraux ne sont pas requis lorsque les pneus sont réfléchissants. Ces exigences relèvent des articles R313-1 à R313-35 du Code de la route, consacrés à l'éclairage et à la signalisation.

Ce que doit porter le conducteur

Le conducteur doit porter un vêtement ou un équipement rétroréfléchissant la nuit en agglomération, et à toute heure hors agglomération. Un gilet haute visibilité ou des bandes réfléchissantes remplissent cette fonction.

Deux interdits complètent la liste : le passager, sanctionné d'une contravention de 4e classe puisque l'engin est conçu pour une seule personne, et les écouteurs au guidon. Le niveau de l'amende pour les écouteurs est rapporté de façon divergente ; le texte officiel en vigueur fait foi.

Le casque est-il obligatoire ?

Le casque n'obéit pas à une règle unique : tout dépend de l'endroit où l'on roule.

La règle nationale

Au niveau national, le casque n'est pas obligatoire en agglomération, mais il est vivement recommandé : un hoverboard expose à des chutes, sur chaussée comme sur piste cyclable.

Hors agglomération, il devient obligatoire. Aucune obligation nationale plus large n'existe à ce jour, ce qui laisse aux préfets la possibilité de durcir la règle localement, comme l'illustre l'exemple parisien.

L'arrêté de Paris et de la petite couronne

L'arrêté préfectoral n° 2026-00969 du préfet de Police est en vigueur depuis le 8 août 2026 pour les départements 75, 92, 93 et 94. Il vise explicitement les hoverboards, au même titre que les autres engins de déplacement personnel motorisés.

Dans ce périmètre, l'absence de casque homologué est une contravention de 4e classe, et l'absence de gilet haute visibilité ou d'équipement rétroréfléchissant une contravention de 2e classe. Un parent qui offre un hoverboard à un adolescent francilien doit donc prévoir le casque et le gilet dès l'achat.

Les autres départements

D'autres départements ont pris des arrêtés comparables ; la liste n'est pas exhaustive, et l'administration cite notamment les Alpes-Maritimes et l'Yonne. Chaque arrêté fixe son propre périmètre, qui peut différer de celui de Paris.

Avant de rouler loin de son domicile, il faut donc consulter la préfecture du département où l'on circule. Le sujet reste évolutif : de nouveaux arrêtés peuvent apparaître, et un déplacement en vacances change parfois la règle applicable.

L'assurance est-elle obligatoire pour un hoverboard ?

Un hoverboard doit être couvert par une assurance de responsabilité civile, comme tout véhicule terrestre à moteur.

Une responsabilité civile à souscrire

La responsabilité civile est obligatoire parce que l'EDPM est un véhicule terrestre à moteur au sens du Code des assurances. Le souscripteur est le propriétaire de l'engin : c'est donc le parent qui l'achète qui doit s'en charger.

La couverture passe soit par un contrat spécifique, soit par une extension du contrat multirisque habitation, selon l'assureur. Les pratiques varient : il faut demander une confirmation écrite que le hoverboard est bien garanti, plutôt que de supposer que le contrat habitation suffit.

Ce que la garantie couvre et ne couvre pas

La garantie de responsabilité civile couvre les dommages causés aux tiers, qu'il s'agisse d'un piéton heurté ou d'un bien abîmé. C'est sa seule fonction.

Elle laisse de côté trois éléments : les blessures du conducteur, les dégâts subis par l'engin lui-même et le vol. Celui qui souhaite être protégé sur ces points doit examiner des garanties complémentaires auprès de son assureur.

Que se passe-t-il sans assurance ?

Rouler sans assurance expose à une sanction pouvant atteindre le niveau le plus élevé du tableau, avec suspension possible du permis (article L324-2 du Code de la route).

En cas d'accident, le Fonds de garantie des assurances obligatoires indemnise la victime, puis se retourne contre le conducteur non assuré. Le coût financier retombe donc sur la famille, qui rembourse ce que le fonds a avancé.

Quelles sanctions en cas d'infraction ?

Les sanctions s'échelonnent de la contravention de 2e classe à des peines de niveau délictuel, selon la nature de l'infraction.

Le tableau des infractions courantes

La majorité des infractions de circulation sont des contraventions de 4e classe. Les niveaux sont exprimés en classes ; les montants à jour figurent dans le texte officiel, à consulter avant de rouler.

InfractionNiveau de sanction
Trottoir sans autorisationContravention de 4e classe
Passager à bordContravention de 4e classe
Voie interditeContravention de 4e classe
Chaussée alors qu'une piste cyclable existeContravention de 4e classe
Utilisateur de moins de 14 ansContravention de 4e classe, facturée aux parents
DébridageNiveau délictuel, saisie possible
Absence d'assuranceNiveau le plus élevé du tableau, suspension du permis possible
Casque à Paris et en petite couronneContravention de 4e classe
Gilet à Paris et en petite couronneContravention de 2e classe

Deux situations sont les plus lourdes du tableau : l'absence d'assurance et le débridage. Ces sanctions visent le conducteur, sauf pour l'âge, où la contravention est réglée par les parents ou l'adulte responsable.

Alcool au guidon

La limite fixée est de 0,5 g/l de sang, soit 0,25 mg/l d'air expiré. Elle vaut sur la voie publique pour le conducteur de l'engin.

Au-delà de 0,8 g/l, l'infraction devient un délit, avec suspension possible du permis. Le fait de rouler sur un engin qui ne demande aucun permis n'efface donc pas les conséquences d'une conduite sous alcool. Les écouteurs au guidon donnent lieu à un niveau d'amende rapporté de façon divergente ; le texte officiel fait foi.

Avant la première sortie, trois vérifications suffisent pour rouler en règle : l'âge du futur conducteur, la confirmation écrite de l'assureur et un itinéraire fait de pistes cyclables plutôt que de trottoirs.

Un enfant de moins de 14 ans garde le terrain privé comme seul espace de roulage. Un adolescent de 14 ans et plus, ou un adulte, peut rejoindre la voie publique à condition d'avoir assuré l'engin, de porter un vêtement réfléchissant et de renoncer à tout débridage.

Le point le plus mouvant reste le casque. La règle nationale n'impose rien en agglomération, mais les arrêtés préfectoraux se multiplient, et celui de Paris et de la petite couronne montre la direction. En 2026, consulter la préfecture du lieu de circulation vaut mieux qu'une contravention de 4e classe.

Questions fréquentes

Légalité, âge, trottoir, permis et vitesse : les points qui reviennent le plus souvent tiennent en quelques réponses nettes.

Le hoverboard est-il autorisé en France ?

Oui, le hoverboard est un EDPM légal, à partir de 14 ans, limité à 25 km/h par construction et soumis à une assurance responsabilité civile obligatoire. Il reste interdit sur le trottoir, sauf autorisation du maire.

Peut-on rouler en hoverboard sur le trottoir ?

Non, le trottoir est interdit et passible d'une contravention de 4e classe, sauf autorisation du maire, à 6 km/h sans gêner les piétons. Tenir l'engin à la main revient à circuler comme un piéton.

Un enfant de moins de 14 ans peut-il utiliser un hoverboard ?

Non sur la voie publique : contravention de 4e classe, facturée aux parents. Le terrain privé reste possible, sous réserve de faire confirmer la couverture d'assurance par écrit auprès de l'assureur.

Faut-il un permis pour conduire un hoverboard ?

Non, aucun permis n'est requis, ni le B ni le BSR. En revanche, l'âge minimum de 14 ans, l'assurance responsabilité civile et les règles de circulation s'appliquent comme pour tout EDPM.

Quelle est la vitesse maximale d'un hoverboard en France ?

25 km/h par construction, et 6 km/h en zone piétonne. Débrider le moteur sort l'engin de la catégorie EDPM et expose à une sanction délictuelle, avec saisie possible.